empty egypt

La course aux monuments, sites, quartiers s'apparente à un marathon quotidien. Comment s'en sortir avec la ville de Le Caire qui à elle seule compte plus de mosquées que la Suisse compte probablement de communes et son musée égyptien qui semble receler plus de pièces que de bulles de gaz dans une cannette de Feld'. Et c'est sans compter la petite gâterie que représente les pyramides et le sphinx de Gizeh. Pour continuer le festin, il s'agit ensuite de descendre en Haute-Égypte (ou monter au Sud?) pour s'en ramasser plein les mirettes du côté de Luxor et Aswan. Tout ce bazar n'a aucun sens. Tombes, temples, sphinx en cascades et hiéroglyphes en quantité pharaonique. Les sites se tirent la bourre pour décrocher la place du mieux parmi les meilleurs, mais le classement imaginaire finit inexorablement par se modifier quotidiennement, en lien avec l'humeur du réveil. Le tourisme représente 10% du PIB égyptien. Sauf qu'une révolution n'est pas exactement l'atout communication idéal pour faire gonfler les allers-retour de curieux, disposés à consommer l'Égypte. Autant dire qu'actuellement les sites sont pratiquement vides. Mis-à-part les vulgaires hordes de touristes russes exhibant trainings et affreuses bedaines, les touristes arabes et les loueurs de chameaux et autres vendeurs de pacotilles au repos forcé, les sites touristiques sont abandonnés. Même si la phrase est longue, je peux vous assurer que ça ne fait pas beaucoup de monde. Alors oui, tout ces pauvres bougres à la chasse au touriste brisent notre petit cœur ; c'est une véritable catastrophe pour ce pan de travailleurs. Mais ce ne sont pas mes 10E£ qui vont leur sauver la mise. Même si c'est ce qu'ils pensent. Et ma foi, que dire de l'intimité ressentie lorsqu'on se trouve au pied des pyramides ou dans le cœur de la tombe de Toutenkarton absolument seul ? Une turlutte magistralement exécutée plane dans cette même sphère d'altitude ; ça vous place l'aventure.

Anton de Macedo pour www.dousomssine.ch

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